Lesotho

Présentation

Lesotho, pays d'Afrique australe, entièrement enclavé dans l'Afrique du Sud. Sa capitale est Maseru.Les langues officielles sont le sesotho et l' anglais, le Lesotho est membre du Commonwealth.

Ancien Basutoland, devenu indépendant en 1966, le Lesotho s'est construit contre l'expansionnisme sud-africain.

Relief-Faune-Flaure

Relief >> La superficie du Lesotho est de 30 355 km². Le pays se situe sur les contreforts du Drakensberg, dont les reliefs couvrent les deux tiers du pays et atteignent des altitudes supérieures à 3 000 m à la frontière orientale. L'Orange prend sa source dans ces hautes terres. À l'ouest, des terres vallonnées occupent environ un tiers du pays, entre 1 525 et 1 830 m d'altitude. Elles constituent la majeure partie des terres cultivables du Lesotho.

Climat >> Le relief tempère le climat, mais les contrastes thermiques peuvent être importants. Dans les basses terres, les températures maximales varient entre 32,2 °C en été et - 6,7 °C en hiver ; la température moyenne est de 32 °C. Les précipitations, essentiellement entre octobre et avril, atteignent des moyennes d'environ 760 mm par an dans les basses terres, et de 1 905 mm en altitude. Les sécheresses sont courantes. La saison sèche s'étend de mai à septembre.

Faune & Flore >> Données en cours de collecte...

Art & Démographie

La population du Lesotho était estimée à 2,02 millions d'habitants en 2006, soit une densité moyenne de 66,6 habitants au km². Cependant, près de 70 % vivent dans les zones basses, où les densités peuvent dépasser 200 habitants au km². L'espérance de vie moyenne (60 ans) est longue par rapport aux autres pays africains. En 2006, la mortalité infantile (6,4 %) et l'indice de fécondité (4,4) demeuraient en revanche élevés.

La nation sothoe s'est constituée aux environs du XIXe siècle à partir d'une vingtaine de clans d'orignes diverses. Aux côtés des Sothos, qui sont à 80 % des ruraux, vit 1 % d'Européens et d'Indiens.

Économie

En 2004, le produit national brut (PNB) du Lesotho était de 1,3 milliards de dollars, soit un PNB annuel par habitant de 730 dollars. Le Lesotho est un pays pauvre et enclavé, dont l'économie est étroitement dépendante de celle de l'Afrique du Sud. Cependant, un programme de réformes économiques sur quatre ans, lancé en 1990, a permis au gouvernement de ramener le déficit budgétaire du Lesotho de 10 % à 1 % du PNB.

Au début des années quatre-vingt-dix, compte tenu de l'exiguïté des terres et du chômage frappant 40 % de la population active, 38 % de la main-d'œuvre masculine adulte travaillait en Afrique du Sud. Ce chiffre est bien inférieur à celui des décennies précédentes en raison de la récession économique sud-africaine. Ces salaires comblent l'énorme déficit commercial, et représentent une importante source de revenus.

L'unité monétaire du Lesotho est le loti (pluriel : maloti) divisé en 100 lisente. Le Lesotho, avec la Namibie, le Swaziland et l'Afrique du Sud, est membre de la Common Monetary Area, la zone monétaire commune. La majorité des échanges commerciaux s'effectuent avec l'Afrique du Sud, dans le cadre de l'Union douanière sud-africaine (SACU). Le commerce est déficitaire avec 1 003 millions de dollars importés, et 134 millions de dollars exportés en 1993. Au début des années 1990, le Lesotho possédait environ 600 km de routes goudronnées, et 6 740 km de routes non goudronnées. Malgré d'importants travaux, de nombreuses régions montagneuses ne sont encore pas accessibles aux véhicules, d'où le recours aux transports aériens. Un nouvel aéroport international, desservant, Maseru a été achevé vers 1985. Maseru est reliée par voie ferrée à l'Afrique du Sud.

Histoire

Les premiers habitants de cette région ont été les Bochimans. Les premiers groupes d'éleveurs basotho s'établissent sur ce territoire montagneux au XVIIIe siècle, cherchant à échapper tant à l'expansion des Zoulous et des autres Ngounis qu'à la progression des colons néerlandais. L'unité de la nation sothoe est réalisée durant le Mfecane (conflits nés au xixe siècle de la rencontre des expansionnismes boers et zoulous) par l'un des chefs les plus remarquables de l'Afrique méridionale du XIXe siècle, Moshoeshoe Ier. À partir de 1838, ce dernier combat les Afrikaners. Ses défenseurs étant cependant trop peu nombreux et moins bien armés que les troupes adverses, le royaume se place sous la protection britannique en 1868. Devenu un protectorat au sein de l'Empire britannique, le royaume prend le nom de Basutoland.

En 1871, les Britanniques placent le Basutoland sous le contrôle de la colonie du Cap, contre le gré des Sothos qui se soulèvent. La Grande-Bretagne reprend le contrôle direct du territoire en 1884. Contre le vœu des chefs sothos, le South African Act of Union de 1910 prévoit l'intégration de la région à l'Afrique du Sud, mais le pays reste autonome et s'oppose à son annexion.

La fondation du parti du Congrès des Basotho (Basotho Congress Party, BCP) en 1952 marque la naissance d'une vie politique moderne au Lesotho. Le BCP remporte les premières élections de 1960 mais est battu, en 1965, par le Basotho National Party (BNP), fondé en 1958. Son dirigeant, le chef Joseph Leabua Jonathan, est nommé Premier ministre. Le Basutoland devient indépendant sous le nom de Lesotho le 4 octobre 1966.

À l'indépendance, le Lesotho devient une monarchie et le chef suprême des Sothos, Moshoeshoe II, accède officiellement au trône. Les dirigeants du Lesotho doivent faire preuve de pragmatisme à l'égard de l'Afrique du Sud, dont ils reçoivent le soutien, tout en rejetant l'apartheid.

À la veille des élections de janvier 1970, Jonathan, craignant la défaite de son parti, annule le scrutin et déclare l'état d'urgence. Gouvernant par décret jusqu'en 1973, il fait arrêter les chefs du BCP, interdit les partis d'opposition et suspend la Constitution et le Parlement. Après l'échec d'une révolte armée en 1974, les dirigeants du BCP doivent s'exiler et forment un groupe armé, la Lesotho Liberation Army. Jonathan accuse le gouvernement sud-africain d'héberger et d'encourager les rebelles. Les relations avec l'Afrique du Sud s'enveniment encore dans les années quatre-vingt, lorsque Jonathan refuse de chasser du Lesotho des membres exilés du Congrès national africain (African National Congress, ANC), mouvement nationaliste noir en lutte contre le régime d'apartheid. Par deux fois, en 1982 et 1985, les forces sud-africaines organisent deux raids sanglants au Lesotho, contre l'ANC.

En 1986, Jonathan est renversé par un coup d'État. Les pouvoirs exécutif et législatif sont officiellement confiés au roi Moshoeshoe II, mais, en pratique, ils sont exercés par un Conseil militaire dirigé par le général de division Justin Lekhanya. À la suite d'une lutte d'influence avec le conseil, Moshoeshoe II est exilé en mars 1990. Son fils aîné, le prince Bereng Seeisa est couronné sous le nom de Letsie III, en novembre de la même année. En avril 1990, Lekhanya est destitué du conseil militaire. Peu après, le Conseil annonce des élections pluripartites pour 1992. Les élections, qui n'ont lieu qu'en mars 1993, donnent la victoire au BCP. Le chef du parti, Ntsu Mokhehle, devient Premier ministre. En août 1993, dans un contexte de grave crise politique, Letsie III suspend la Constitution, dissout le Parlement et renvoie le gouvernement. Le mois suivant, après l'intervention du Botswana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, le roi rétablit le gouvernement de Ntsu Mokhehle, la Constitution et le Parlement et abdique en faveur de son père. Moshoeshoe II rentre au Lesotho début 1995 et est restauré sur le trône le 25 janvier. La situation politique du pays paraît dès lors stabilisée jusqu'au décès accidentel du souverain en 1996. Letsie III, revenu au pouvoir, est accusé l'année suivante par l'armée d'abriter des policiers recherchés par la justice. En juin 1998, la contestation par l'armée et la population du résultat des élections favorables au Congrès du Lesotho pour la démocratie (LCD), le parti au pouvoir, entraîne des désordres et des pillages. Des troupes d'Afrique du Sud et du Botswana sont appelées par le Premier ministre Pakalitha Mosisili, sans l'assentiment du souverain qui s'élève contre l'intervention sud-africaine. Très pointilleuse sur la nature de ses relations avec Pretoria, la population sotho accuse son voisin de considérer le Lesotho comme sa « 11ième » province.


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