République du Congo

Présentation

Congo, république du, pays d'Afrique centrale. Sa capitale est Brazzaville.

La république du Congo est bordée par la République centrafricaine au nord, la République démocratique du Congo à l'est et au sud, l'Angola au sud-ouest (enclave de Cabinda), le Gabon à l'ouest et le Cameroun au nord-ouest. Elle possède une façade maritime, longue de 169 km, ouverte sur l'océan Atlantique.

Relief-Faune-Flaure

Relief >> La république du Congo couvre une superficie de 342 000 km². La façade atlantique est constituée par une plaine littorale, basse et sableuse vers le Cabinda, avec des baies ombragées et des lagunes bordées de mangroves, que des cordons littoraux sableux séparent de la mer. Cette côte est rendue dangereuse, à l'embouchure du Kouilou, par une barre très forte. Les baies de Pointe-Noire et de Pointe-Indienne forment un cadre grandiose. On distingue ensuite la région escarpée et boisée du Mayombé (550 m à 800 m en moyenne), parallèle à la côte, qui donne naissance à de nombreuses rivières côtières. À l'est, la vallée fertile du Niari sépare le Mayombé de la partie méridionale des monts du Chaillu et du plateau de Koukouya qui se prolongent jusqu'au Gabon et culminent au mont Lékété (1 040 m).

Au centre, surplombant le fleuve Congo, les plateaux Batéké sont entaillés de rivières et parsemés de petits lacs. La cuvette congolaise, au nord, forme une vaste plaine (200 à 300 m d'altitude) traversée par de puissants cours d'eau qui alimentent le fleuve Congo (Oubangui, Sangha, Likouala et Alima), mais elle est mal drainée en raison de la faiblesse de la pente. De grandes zones, inondables en saison des pluies, occupent le nord-est entre la Sangha et l'Oubangui.

Climat >> Le climat, équatorial ou subéquatorial, est tropical dans l'extrême Sud. Il est chaud et humide, avec une longue saison des pluies d'octobre à avril et une courte saison sèche de juillet à août. La température moyenne est de 25 °C. Les précipitations sont abondantes dans la partie septentrionale traversée par l'équateur, avec plus de 2 000 mm par an, et sur les plateaux Batéké. La vallée du Niari, au sud-ouest, ne reçoit que 1 200 mm par an.

Faune & Flore >> La forêt équatoriale humide, qui couvre en grande partie la cuvette congolaise, occupe près de la moitié de la superficie du pays et constitue une ressource naturelle majeure, mais seules les forêts du Chaillu sont exploitées en raison de la proximité de la voie ferrée du Gabon. Les principales essences exploitées sont l'okoumé, l'acajou, le limba, le sapelli. C'est en majorité une forêt dense dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays ; la savane arborée et les forêts-galeries s'étendent au nord et au nord-est. La faune, nombreuse et variée, comprend l'antilope, la girafe, le guépard, le crocodile, ainsi que de nombreux oiseaux et serpents.

Art & Démographie

La population du Congo était évaluée à 3,7 millions d'habitants en 2006, soit une très faible densité de 10,8 habitants au km². Elle est, cependant, essentiellement concentrée dans le Sud, où vivent les Bakongos. Au début des années 1990, le taux de croissance annuelle de la population était estimé à 3 %, la mortalité infantile s'élevant à 99 p. 1 000. L'espérance de vie était de cinquante et un ans.

La population du Congo comprend quatre groupes de langue bantoue. Le plus important (environ 45 % de la population totale) est celui des Bakongos qui vivent entre Brazzaville et le littoral. Les Batékés (20 %) habitent les plateaux entre Brazzaville et la forêt. Les Mbochis (10 %) peuplent la forêt, au nord du pays. Les Sanghas habitent la zone forestière du Nord entre la Sangha et l'Oubangui, où vivent également un petit nombre de Pygmées bakas.

L'école est gratuite et obligatoire au Congo pour les élèves âgés de 6 à 15 ans. En 1995, trois Congolais sur quatre savaient lire et écrire. L'université Marien-Ngouabi, fondée en 1961, est située à Brazzaville. Elle accueille une dizaine de milliers d'étudiants.

L'art congolais, très riche, était connu dès l'époque des premiers comptoirs européens. L'ivoire était sculpté en forme de sceptres, de trompes et de statuettes dans le royaume du Loango. Les masques congolais ont inspiré les créateurs de l'art moderne en Europe. Les statuettes bakongo, transpercées de clous ou portant un miroir sur le ventre pour renvoyer les mauvais sorts, ont orné les ateliers des peintres du début du siècle (Braque, Picasso), de même que les masques plats kwele aux motifs polychromes abstraits.

En 1988 et 1995, les décès de Sylvain Bemba (1934-1988) et de Sony Labou Tansi (1947-1995), connus pour leur critique de l'époque coloniale et des régimes qui lui ont succédé, ont fait perdre au pays ses deux plus grands écrivains.

Économie

Malgré les richesses pétrolières (offshore) et l'importance des installations portuaires du pays, qui permettent le désenclavement de la République centrafricaine, du Tchad et du Gabon, l'économie du Congo, après des années d'étatisation et une guerre civile, est en grande partie à reconstruire. En 1994, le Congo a accepté de mettre en œuvre un plan d'ajustement structurel, appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Cependant, le maintien de l'insécurité et la dévaluation de 50 % du franc CFA ont contribué à la baisse, cette même année, du produit intérieur brut (PIB). Celui-ci est passé de 3 milliards de dollars en 1993 à 1,78 milliard en 1995, le PIB par habitant tombant de 1 230 dollars à 680 dollars. La dette extérieure brute dépassait, en 1993, 6 milliards de dollars.

Début 1995, l'annonce de nouvelles mesures d'austérité, touchant en premier lieu la fonction publique, déclenchait des grèves de fonctionnaires. Estimant que la politique d'ajustement structurel n'avait pas donné de résultats satisfaisants, le FMI et la Banque mondiale refusaient cependant de renouveler leur programme d'aide. La désorganisation du pays s'est accentuée en raison de la guerre civile qui a de nouveau ensanglanté le pays en 1999.

L'économie informelle couvrirait plus des trois quarts des échanges commerciaux, échappant ainsi aux taxes et à l'impôt.

En 2000, les importations s'élevaient à 930 millions de dollars et les exportations à 2 091 millions de dollars. Les grands partenaires commerciaux du Congo sont les pays voisins, membres comme lui de la zone de libre-échange de l'Afrique centrale : le Cameroun, la République centrafricaine et le Gabon. Le pays a également des liens économiques privilégiés avec la France et les États-Unis.

Le fleuve Congo et ses affluents fournissent un réseau de communications important et constituent un ensemble commercial intégrant les populations locales. Le chemin de fer Congo-Océan (510 km) relie Brazzaville à Pointe-Noire ; un embranchement de 286 km relie cette ligne à la ville gabonaise de Moanda et permet l'évacuation des minerais de cette région enclavée du Gabon. Le réseau routier de la région méridionale est le plus dense, mais peu de routes sont revêtues. Brazzaville et Pointe-Noire possèdent des aéroports internationaux.

Histoire

La région a livré des vestiges du paléolithique récent remontant à 7 000 ans avant notre ère. Des peuples en voie de sédentarisation, dont nous savons peu de choses sinon qu'ils ont commencé à pratiquer la métallurgie du fer, s'établissent ensuite dans le pays. Les Pygmées semblent être apparus plus tard. Les Bantous, venus d'horizons différents, s'installent au début de notre ère et donnent naissance aux peuples et aux cultures de la région : Kota, Batékés, Bakongos, Mbochis. Les derniers arrivés, les Makas, n'atteignent le nord-est, dans la région d'Ouesso, qu'au XXe siècle.

Lorsque le navigateur portugais Diogo Cam atteint l'embouchure du fleuve Congo en 1482, il découvre deux grands royaumes. Le royaume du Loango, couvrant les zones au nord et à l'est du fleuve, est vassal du royaume du Kongo, qui contrôle les terres situées près de l'embouchure du fleuve jusqu'à la rivière Cuanza au sud. Après un demi-siècle de rapports égalitaires entre Lisbonne et Mbanza-Kongo, la capitale du royaume, la pression des Portugais expatriés à São Tomé et l'intensification de la traite des Noirs attisent les conflits dans les provinces, aboutissent à la destruction du royaume de Kongo et affaiblissent considérablement le royaume du Loango. La chute du royaume, la traite, les guerres et l'action des missionnaires troublent les populations qui suivent des mouvements messianiques syncrétiques. Le plus remarquable, celui des Antoniens, est dominé par la figure de Kimpa Vita, appelée également Dona Beatrice. Prêtresse traditionnelle ayant eu une vision de saint Antoine de Padoue, elle se présente comme la restauratrice du royaume, mais elle est capturée par les missionnaires capucins et brûlée vive par l'Inquisition (1706).

Le Français Pierre Savorgnan de Brazza explore le pays en 1879-1880 et devance Stanley dans la région. Il signe des traités avec le makoko (roi), souverain et chef religieux des Batékés, et place le territoire sous protectorat français. Peu après, le ma-Loango, roi du Loango, signe à son tour un traité avec le lieutenant Cordier. Les limites du territoire sont négociées avec les autres puissances européennes lors du congrès de Berlin, en 1885, qui décide du sort de l'Afrique.

En 1903, la région prend le nom de Moyen-Congo et devient une colonie intégrée au sein de l'Afrique-Équatoriale française en 1910. La colonisation française est marquée, en 1890, par l'implantation de compagnies concessionnaires possédant d'immenses superficies et exploitant les richesses naturelles sans investir ni préparer l'avenir économique et social du territoire. Le travail forcé et le portage administratif, les conditions de travail inhumaines déciment les populations (peut-être 300 000 morts entre 1890 et 1910). Divers scandales, comme le coût humain de la construction du chemin de fer Congo-Océan (Brazzaville-Pointe-Noire) entraînent de vigoureuses protestations, dont celle de l'écrivain André Gide dans Voyage au Congo et les reportages d'Albert Londres, qui obligent les autorités françaises à retirer aux compagnies les concessions qu'elles détiennent, du moins la plus grande partie. Comme à l'époque de la domination portugaise, la population réagit en suivant les mouvements syncrétiques politico-religieux du kakisme et du kibanguisme qui naissent, à partir des années 1920, en réaction à ces excès de l'époque coloniale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Brazzaville, ville principale de la colonie, capitale de l'A-ÉF, devient la capitale de la France libre. Dès 1940, les gaullistes enlèvent le haut-commissariat de Brazzaville aux vichystes. C'est à Brazzaville qu'en janvier 1944 le général de Gaulle réunit les représentants des territoires de l'Empire colonial français et jette les bases de l'Union française. Dans cette ville, encore, il prononce, en 1946 et 1958, les discours qui annoncent la décolonisation. Brazzaville devient ainsi un symbole de l'Afrique indépendante.

À la suite du référendum du 28 septembre 1958, le Moyen-Congo accède à l'indépendance le 15 août 1960 sous la dénomination de république du Congo. Son premier président, l'abbé Fulbert Youlou, est renversé trois ans plus tard au cours d'une révolution populaire en août 1963, qui porte au pouvoir Alphonse Massemba-Débat, l'ancien président de l'Assemblée nationale. Les difficultés économiques et le contexte politique régional — la guerre du Congo-Kinshasa devenu le Zaïre — accentuent l'instabilité politique. Le pays se rapproche de la Chine communiste. En 1968, Massemba-Débat est renversé par le capitaine Raoul. Ce dernier est lui-même renversé en janvier 1969 par le commandant Marien N'Gouabi qui imprime au Congo une orientation marxiste. En janvier 1970, le pays devient la République populaire du Congo. N'Gouabi est assassiné le 18 mars 1977 et remplacé par le colonel Yhombi-Opango. Des liens politiques et économiques étroits sont maintenus entre la France et le Congo. Celui-ci se garde bien, ainsi, d'africaniser le nom de sa capitale contrairement aux autres capitales africaines.

En 1979, le colonel Denis Sassou-Nguesso succède à Yhombi-Opango et signe un traité de coopération et d'amitié avec l'URSS (1981). Réélu président en 1984, puis en 1989, Sassou-Nguesso doit faire face à une opposition grandissante, alimentée par la dégradation économique (baisse du prix du pétrole et endettement). À l'issue de la conférence nationale de 1991, une nouvelle Constitution abolit les références marxistes et institue une démocratie pluraliste. Pascal Lissouba remporte l'élection présidentielle d'août 1992 avec 61,32 % des voix. Après avoir été élu, Lissouba est accusé de régionalisme et de dérive autoritaire par son adversaire Sassou-Nguesso. Le pays renoue avec l'instabilité politique : dissolution du Parlement en 1992 et remplacement du Premier ministre Claude-Antoine Da Costa par le général Yhombi-Opango.


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